Hommage à Louis Besson, premier président du Haut Comité
Louis Besson vient de nous quitter, une belle et grande figure d’humanité qui sut servir la Nation en occupant de hautes responsabilités comme Maire, Député, Président du Conseil Général de Savoie, Président du Haut Comité pour le Logement des Personnes Défavorisées, membres du Conseil National des Politiques de lutte contre l’exclusion, Ministre du logement.
Il fut un homme d’Etat, se consacrant essentiellement à la vie politique en lui offrant une singulière noblesse, souffrant de voir que les plus vulnérables de nos concitoyens restaient au bord du chemin, oubliés de la Société.
Quelle liberté, s’interrogeait-il, quand le fait d’être démuni se révèle un mur pour accéder à des logements facilitant l’insertion. Il ne cessa de se battre pour que la dignité ne soit pas fracassée, voyant combien le manque de ressources entraînait, ipso facto, l’orientation vers des chemins de paupérisation et une assignation à des territoires qu’on sera bien obligé de nommer « perdus pour la République ».
Habité par la fraternité, la Nation lui doit notamment la loi de 1990 garantissant le droit au logement « devoir de solidarité pour l’ensemble de la nation » ; elle impulsa une dynamique collective entre l’Etat, les Collectivités et les associations. C’est aussi cette loi imposant aux communes de plus de 5 000 habitants de réserver aux gens du voyage des terrains aménagés.
Nous ne saurions oublier sa participation à la loi Solidarité et Renouvellement Urbains (SRU), ce fameux article 55, soulignant combien il lui fut difficile de consentir à ce que les communes aisées parviennent à s’en affranchir, moyennant des pénalités. Il dut transiger, non sans éprouver une grande peine, afin que la loi ne soit pas remise en cause.
Les associations lui doivent l’éligibilité aux financements très sociaux au titre des Prêts Locatifs Aidés d’Insertion (PLAI) et Prêts Locatifs à Usage Social (PLUS).
Louis Besson était habité par cette conviction que la politique, vécue comme un service, ouvre alors le champ des possibles à l’égard de ceux condamnés à des situations impossibles, tristement prégnantes.
Jamais, il ne s’est habitué à une telle situation.
Comment ne pas lui exprimer notre plus vive gratitude pour ce qu’il a entrepris, sachant que la juste reconnaissance qui lui est offerte doit donner naissance à cette intelligence du cœur pour que cesse, enfin, l’indifférence au mal-logement, cause de tant d’injustices mettant à mal la cohésion sociale.
Bernard Devert